Ce géosite présente un intérêt majeur de nature géomorphologique et offre un littoral caractérisé par une morphostructure d’estrates verticales, orientées parallèlement à la côte, correspondant au flanc d’un synclinal. Cette structure illustre l’importance géologique internationale des côtes de la péninsule Ibérique.

D’est en ouest, on rencontre d’abord l’ensemble de Covachos, dominé par l’île d’El Castro, résultat de l’érosion marine des zones environnantes. Les falaises environnantes présentent un aspect feuilleté typique, formé de rythmites marno-calcaires à pendage subvertical, avec de grandes dalles issues du toit des strates sur les falaises méridionales. Le recul des falaises est particulièrement visible dans les lithologies favorables au glissement de plaques complètes le long du plan de stratification. Le sommet de l’île constitue un relief résiduel issu du démantèlement de collines douces, où sols et végétation sont conservés. L’élément le plus remarquable reste toutefois le tombolo qui relie l’île à la plateforme adjacente.

Suit l’ensemble géomorphologique de La Arnía, riche en éléments d’intérêt géomorphologique, stratigraphique et paléontologique. Il se compose d’une anse abritant une petite plage et d’une plateforme d’abrasion intertidale elliptique, séparées par un relief résiduel correspondant à un ancien vallon fluvial parallèle à la côte. Les calcaires cénomaniens forment au nord une rangée d’aiguilles et de pitons rocheux de tailles variées. Le promontoire d’El Castruco, situé au fond de la plage, est un relief résiduel protégé par les falaises cénomaniennes, conservant le profil du vallon fluvial ancien. Les falaises offrent par ailleurs de remarquables exemples d’érosion différentielle au sein des séquences marno-calcaires.

À l’ouest immédiat de La Arnía se trouve le socavón de Pedrondo, une dépression d’effondrement par soutirage de 985 m², profonde de 42 m et d’un volume d’environ 18 000 m³. Son origine est liée à l’ouverture d’un conduit dans les calcarenites de la Formation d’Altamira, érodées par la houle à travers des blocs structurés par le réseau orthogonal de diaclases. L’érosion des matériaux marneux turoniens s’effectue après que le calcaire protecteur a cédé. À une cinquantaine de mètres à l’ouest se trouve l’ensemble de La Baselga, présentant un schéma érosif similaire à La Arnía.

L’anse d’El Portío, immédiatement à l’ouest, est une large anse elliptique d’environ 40 000 m², formée par l’érosion marine à travers une brèche d’environ 250 m dans la crête calcaire cénomanienne. Le démantèlement du relief y est plus avancé que sur le reste du tronçon côtier. Deux plages sableuses se développent sur les marges de la plateforme. Derrière la plage d’El Portío, le pendage subvertical de la série marneuse turonienne et l’érosion différentielle mettent en évidence l’alternance de niveaux résistants à la houle et de réseaux de diaclases variés.

La péninsule de Somocuevas, formée de calcaires aptiens, constitue la partie la plus ancienne du géosite et s’accompagne des îlots appelés Urros de Liencres. À l’extrémité occidentale, le complexe des dunes de Liencres, issu de l’apport du fleuve Pas, comprend une plage longue de 1 500 m et une flèche littorale orientée NE-SO. La pente du front de plage varie longitudinalement, allant de faibles pentes dissipatives à des zones plus réflectives. Au nord-ouest, une puissante dune remontante de 10 à 15 m se développe sur le mont Tolío, complétée par des dunes secondaires et tertiaires alternant avec des dépressions interdunaires, où apparaissent localement des zones humides liées à la nappe phréatique.

 

ACCÈS AU GEOSITE

Les principaux accès se font par l’extrémité occidentale via l’A-67 en direction de Santander, sortie Boo de Piélagos, puis la CC-231 vers Liencres, entrée par le Parc naturel des dunes de Liencres et de Costa Quebrada. Depuis l’extrémité orientale, en suivant la S-20 depuis Santander vers Torrelavega, il est possible de sortir à Corbán et d’emprunter la CC-231 vers Soto de la Marina, avec signalisation vers les plages de Covachos et de La Arnía. L’accès interne est bon : la majorité des éléments peut être atteinte par des chemins et routes, et le littoral est entièrement praticable à pied.