Ce géoparc est un véritable laboratoire naturel, offrant la possibilité de comprendre les processus géologiques qui ont façonné notre planète au cours des 120 derniers millions d’années. L’interaction entre les différentes couches rocheuses et l’action de la mer a donné naissance à un ensemble spectaculaire de formes littorales : falaises, arches, îlots, anses, plages, tombolos, dunes et estuaires. Les affleurements révèlent des fossiles d’anciens récifs tropicaux, des plages préhistoriques et des écosystèmes pétrifiés, témoins d’événements tels que les collisions continentales, les changements climatiques et les extinctions biologiques.
Le tronçon situé entre San Juan de la Canal et la Marisma de Miengo figure dans le catalogue des Global Geosites comme l’un des sites géologiques les plus remarquables au monde, sous le nom de « Dunes de Liencres et littoral de Costa Quebrada ».
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Costa Quebrada, qui concentre sur un espace réduit un enchaînement de formes littorales à la fois exceptionnellement riche et attrayant, illustre de manière claire le fonctionnement de l’érosion côtière, permettant de reconstruire son évolution au fil du temps.
Ce Global Geosite présente un intérêt principalement géomorphologique et figure dans l’Inventaire publié par l’IGME sous le code Geosite CB010. Il est également inclus dans le Contexte géologique d’importance internationale (Loi 42/2007) : Côtes de la péninsule Ibérique. Cette reconnaissance témoigne de son rôle exemplaire pour illustrer l’évolution d’une côte à falaises soumise au recul érosif.
Socavón de Pedrondo
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Immédiatement à l’ouest de la plateforme de La Arnía se trouve le socavón de Pedrondo, une dépression d’effondrement par soutirage de taille relativement importante, couvrant une surface de 985 m², atteignant 42 m de profondeur et présentant un volume excavé d’environ 18 000 m³. Son origine est liée à l’ouverture d’un conduit dans les calcarenites de la Formation d’Altamira à la base de la falaise, sous l’action de la houle. Cette ouverture résulte de la chute d’une série de blocs contrôlée par le réseau orthogonal de diaclases, caractéristique de ces matériaux cénomaniens. La houle y pénètre alors et érode efficacement les marnes turoniennes, précédemment protégées par le calcaire résistant. À une cinquantaine de mètres à l’ouest du socavón se situe l’ensemble de La Baselga, qui présente le même schéma érosif que la plateforme de La Arnía.
Covachos
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D’est en ouest, on rencontre d’abord l’ensemble de Covachos, dominé par l’île d’El Castro, vestige du démantèlement par la houle des zones environnantes. Outre l’aspect feuilleté caractéristique des falaises qui l’entourent, constituées de rythmites marno-calcaires à pendage subvertical et présentant de grandes dalles formées par le toit des strates sur les falaises méridionales, on peut observer les effets du recul des falaises côtières dans des lithologies dont l’inclinaison favorise le glissement de larges plaques le long du plan de stratification. Le sommet de l’île correspond à un relief résiduel issu du démantèlement du paysage antérieur de collines douces par l’action marine, où sols et végétation sont conservés. L’élément le plus remarquable de cet ensemble reste toutefois les formes de dépôt présentes sur cette plateforme, en particulier le tombolo reliant l’île.
La Arnía
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Vient ensuite l’ensemble géomorphologique de La Arnía, un site particulièrement riche en éléments d’intérêt géomorphologique, complété par des aspects stratigraphiques et paléontologiques. Il se compose généralement d’une anse dont le fond abrite une petite plage, et d’une plateforme d’abrasion intertidale de forme elliptique, séparées par un relief résiduel correspondant à un ancien vallon fluvial parallèle à la côte, antérieur à son démantèlement. Les lithologies résistantes, constituées de calcaires cénomaniens, ferment l’ensemble au nord sous forme d’une rangée d’aiguilles et de pitons rocheux de tailles variées. Le promontoire d’El Castruco, situé au fond de la plage, constitue un relief résiduel protégé de l’érosion par les falaises cénomaniennes, conservant le profil caractéristique du vallon fluvial ancien. Les falaises de l’ensemble offrent également de remarquables exemples d’érosion différentielle au sein des séquences marno-calcaires.
Portío
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L’anse d’El Portío se trouve immédiatement à l’ouest. Il s’agit d’une large anse d’environ 40 000 m², de forme elliptique, façonnée par l’érosion marine qui a percé une vaste brèche d’environ 250 m dans la crête calcaire cénomanienne. Le démantèlement du relief antérieur y est plus avancé que sur le reste du tronçon côtier. Sur les marges est et ouest se développent deux plages sableuses reposant sur la plateforme d’abrasion. Derrière la plage d’El Portío, à l’est, se situe l’un des affleurements les plus spectaculaires du secteur, caractérisé par le pendage subvertical des marnes du Turonien, combiné à une érosion différentielle contrôlée par l’alternance de niveaux de résistance à la houle et par la disposition des diaclases, dont la forme et la taille varient selon les strates.
Somocuevas
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Immédiatement après l’anse se trouve la péninsule de Somocuevas, constituée de calcaires aptiens, les roches les plus anciennes du geosite. Elle s’associe à une rangée d’îlots de même nature, appelés les Urros de Liencres, qui s’étendent vers l’est. L’extrémité occidentale accueille le complexe des dunes de Liencres, formé lors de l’arrivée du fleuve Pas dans la mer Cantabrique. La vaste plage (hors prolongement vers Canallave) s’étire sur 1 500 m, dont la moitié forme une flèche littorale orientée NE-SO. La pente du front de plage varie le long de son étendue : l’extrémité nord-est est faible et dissipative, tandis qu’au niveau de la flèche, la plage devient nettement réflective. Depuis cette plage, en direction des vents dominants du nord-ouest, se dresse une imposante dune remontante qui s’élève sur les pentes du mont Tolío. Le système comprend une dune primaire de 10 à 15 m de hauteur, accompagnée de dunes secondaires et tertiaires, dont la taille augmente progressivement vers le sud-est, alternant avec des dépressions interdunaires qui forment, en certains points, des zones humides grâce à la proximité de la nappe phréatique.
Accès au Global Geosite
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Les principaux accès au Geosite se font par sa limite occidentale, via l’autoroute A-67 en direction de Santander, en empruntant la sortie de Boo de Piélagos, puis la route CC-231 en direction de Liencres, avec entrée par le Parc naturel des dunes de Liencres et de Costa Quebrada.
Depuis l’extrémité orientale, il est possible de suivre la route S-20 depuis Santander en direction de Torrelavega, de sortir à Corbán et d’emprunter la CC-231 vers Soto de la Marina, où la signalisation indique l’accès aux plages de Covachos et de La Arnía.
L’accessibilité interne du Geosite est bonne : la plupart des éléments d’intérêt peuvent être atteints par des chemins et des routes, et certains tronçons du littoral sont accessibles à pied. Dans ce cas, il est essentiel de respecter les propriétés privées et de ne pas traverser les prairies appartenant à des propriétaires particuliers. Il convient également de ne pas cueillir de plantes, de ne pas déranger la faune ou le bétail, et de tenir les chiens sous contrôle, conformément à la réglementation locale.

